26/12/2008
Misère
« Aujourd'hui, et c'est un trait spécifique et spécifiquement misérable de notre époque, l'articulation du je et du nous est hégémoniquement soumise à cet impératif d'adoption du nouveau sur le mode de la consommation. » Bernard Stiegler
« Celui hier qui s’indignait du fait que je ne parle pas de Christian Gailly : mais il n’a qu’à nous rejoindre sur Internet, ledit Christian. » François Bon
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27/06/2008
Un culturé, des culturés
Allez tiens, une histoire drôle pour Renaud Camus, sans rancune.
Une dame sudiste appelle la base de Richmond, en Virginie, pour demander qu'on lui envoie quatre soldats pour dîner avec eux le dimanche 1er mai, mais que l'on veille à ce qu'ils ne soient pas juifs. Le jour arrive, la sonnette sonne. L'hôtesse ouvre la porte et voit quatre noirs souriants.
- Il doit y avoir une erreur!
- Non, Mam, dit un des noirs, le lieutenant Cohen ne se trompe jamais.
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28/05/2008
Ode pour hâter la venue du printemps
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26/03/2008
Hiver
L'hiver a dénudé les arbres
sauf de leurs oiseaux et sauf
un enfant dans une flaque noire
je l'aide à se hisser au ciel
blanchâtre il bat des pied
le ciel est une terre seulement
trop meuble faite pour porter
des ailes, des feuilles il y arri
vera je me suis élevé avec lui
Louis-François Delisse, in Le jardin ouvrier n° 18
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20/03/2008
La vie de Marie-Thérèse
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26/02/2008
Travaux d'aveugle
« Or, je n'ai le goût de rien exprimer, si ce n'est ce noyau d'obscurité tenace qui est comme ma substance morale ou poétique, insoluble dans le langage logique. »
Lecture des Carnets de Henri Thomas. On dira ce qu'on veut, c'est quand même autre chose qu'un ibouc. Mais il est vrai aussi que pour Henri Thomas, la littérature était autre chose qu'un moyen de se faire mousser (ou de se faire du pognon).
Ce sera tout pour aujourd'hui.
07/02/2008
« Sarkozy n'est pas petit, il est bas »
L'antisarkozysme primaire de Francis Marmande m'étant infiniment plus sympathique que le sarkozysme honteux de tel rapin auvergnat et aigri, j'ai le plaisir de donner à lire son hommage à Christian Bourgois.
Christian Bourgois, adobe garamond, corps 12
( Francis Marmande - Article paru dans Le Monde du 03.01.08.
Qu'est-ce qu'un éditeur ? Ou, plus juste, qu'est-ce qu'éditer ? Aimer, partager, plonger, choisir, se faire peur sans avoir peur, n'avoir pas peur de l'argent. Etre ensemble, croire, insister, résister, être aimés ensemble, Christian et Dominique Bourgois, par exemple. Les éditions Christian Bourgois, tous livres composés en adobe garamond, corps 12, le lettrage de couverture spécialement créé pour elles, condensent quarante-cinq ans de lumière : Boris Vian, Le Seigneur des anneaux, Toni Morrison, Burroughs, Lobo Antunes, Atxaga, Bolaño, des Kerouac méconnus, des Espagne sans espagnolade, des lettres de Boulez à John Cage, ou encore Adam Zameenzad, qui permettrait ce soir de moins mal comprendre la mort à venir.
Songer d'un coup à la famille Faye, dont le père, ébéniste en règle, payant impôts et taxe d'habitation, sans ennui, sans défaut mais sans papiers, a été sauvagement "transfèrementé" au Sénégal, cependant que son épouse et ses trois enfants survivent dans le malheur et la séparation à Chelles (Seine-et-Marne). Avec nos voeux, monsieur Hortefeux.
Editer pendant quarante-cinq ans, susciter des choix, une libre formation, Denise Laroutis, G.-G. Lemaire, Matthieussent, Nattiez, Bailly, Michel Deutsch, Lacoue-Labarthe. Un groupe que relie seulement la farouche absence de vulgarité, sans autre lieu que la "maison", la maison d'édition. Pour s'en faire une idée, se figurer Bigard au Vatican, les comiques au Fouquet's, l'éthique bling-bling, la Foire du trône.
Editer : agir, se porter présent, s'engager dans ce que Christian Bourgois nomme des activités citoyennes, le Centre national des lettres, l'IMEC, la Maison de la culture de Bobigny (MC93), qu'il présidait sans jamais manquer un spectacle, de même qu'il allait par désir au cinéma, au concert, voir les peintres. (Seule référence culturelle que l'on connaisse au chanoine en dehors d'Eurodisney : "Au théâtre ce soir".)
Editer, orchestrer, ressembler à Gil Evans ou Burroughs, ne ressembler qu'à soi, cette manière de donner de l'importance au premier pékin venu en lui souhaitant simplement le bonsoir, la voix, la diction, la préciosité, le cheveu fin, la poignée de main sans poids, le dos droit jamais rigide, les mains d'hirondelle, des doigts de bassiste, ces lèvres dessinées sans trace de gourmandise, la démarche franche d'un danseur de paso, plus ce sourire certain. (Pour se faire une idée, voir frime, grande gueule, effet d'annonce, haine des pauvres et des immigrés.)
Editer, aimer le détail. Sur ses couvertures, fin du fin, Christian Bourgois a fini par substituer à la mention Christian Bourgois Editeur, un simple logo. Triangle rond de 3 et d'initiales, d'une mesure exacte, au micron près. Un rien de trop ou en moins, logo instantanément lourd, vendeur. Celui-ci semble tombé du ciel, pur dessin industriel de l'arabesque. (Voir Bolloré, yacht, jet privé, TF1, grossier jogging.)
Christian Bourgois, impossible de dissocier le prénom du nom, se sera à ce point illustré dans l'illusion illustrée, en toute connaissance de cause : "Toute décision d'édition a un coût. Notre originalité, c'est la manière dont nous apprécions ce coût, c'est-à-dire dont nous apprécions le risque. Trop souvent, dans l'édition, on oppose les vilains qui calculent et les anges passionnés qui publient des livres. Or il n'y a jamais eu un âge d'or de l'édition pendant lequel on n'aurait pas fait de comptes." "Un ange qui calcule", oui, on touche au but, antonyme exact du pitre calculateur.
De son mal qui l'emporte, Christian Bourgois disait : cela ne m'intéresse pas. De la mort ? Je ne la crains pas, mais elle m'ennuie. Le jeudi 27 décembre 2007, au Père-Lachaise, a eu lieu, à 11 heures, sa crémation. Louxor, fanfaronnades, émir, chou, bijou, hibou, caillou, genou.
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22/07/2007
Le Silence et le Temps
Les croix des martyrs de Jésus flambent gaiement,
Gai, le chant du moineau susurré dans l'aurore,
Gai, le crépitement du feu coloré d'or,
Gai le chant de Dupont grossi de son paiement.
Le pin de mon cercueil s'abat avec lourdeur,
Le trépas vient vers moi, prêt à briser mon coeur,
La pleureuse est devant ma porte, attend mamort
Pour recueillir de quoi entretenir son corps.
Quelqu'un frappe à ma porte, j'entr'ouvre, à pleine voix
Je crie :
« M'emmerdez pas
Je suis
Près du trépas »
C'était un brave flic. J'ai retrouvé la joie !
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12/06/2007
Les yeux dans le noir
Il paraît que l'on a construit à la place de la Halle aux vins de grands bâtiments de béton, mais j'ai beau écarquiller les yeux dans le noir, je ne les vois pas.
Patrick Modiano, Fleurs de Ruine
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07/03/2007
Tout Bon
« Ce François Bon, qui plume en main ne l'est pas tant que ça, est en passe d'être le plus grand rapace de notre littérature, lançant des O. P. A. sur tout ce qui traîne la patte : chômeurs, S. D. F., illettrés, prisonniers, sans-papiers. Ses livres sont de vrais voitures-balais, avec, comme chauffeur, un fonctionnaire de la récupération.
Ce qu'il y a de béni avec les pauvres, c'est qu'ils ne présentent jamais la facture. »
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